Bac+4 : accès un peu plus aisé à l’emploi pour les jeunes diplômés 2007, selon l’APEC

Jeudi 25 septembre 2008, par Sébastien // Espace presse

PARIS (AFP) — Les jeunes diplômés 2007 ont trouvé du travail un peu plus vite que la promotion précédente, mais près de 20% étaient toujours en quête d’un premier emploi au printemps 2008 et les diplômés de l’université sont toujours en moins bonne position malgré quelques évolutions favorables.

Au total, 77% des diplômés 2007 (75% pour la promo 2006) étaient en poste (CDI, CDD, intérim), contre 18% encore en quête d’un premier emploi et 5% ayant occupé puis perdu un emploi, qui était souvent un CDD, précise cette enquête de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiée jeudi.

La moitié des jeunes a trouvé son premier emploi en un mois, la durée moyenne de recherche demeurant de 2,2 mois. Un jeune sur deux a envoyé dix CV au maximum. Et près de six jeunes sur dix ont démarré leur recherche d’emploi avant l’obtention de leur diplôme.

"Malgré la crise, l’accès à l’emploi des jeunes diplômés se porte très bien. Les entreprises, confrontées à des difficultés de recrutement, répondent plus vite aux CV et s’ouvrent plus aux jeunes issus d’universités", a noté le président de l’Apec, Gabriel Artero (CFE-CGC).

La rémunération annuelle brute moyenne s’élevait à 27.300 euros (+4,6% comparé à la promotion 2006), 70% avaient le statut cadre (+4 points) et 62% (+3 points) étaient en CDI.

"Les difficultés de recrutement sur le marché du travail ne se traduisent pas par une forte poussée des rémunérations, contrairement aux années 1990", a observé devant la presse le directeur général de l’Apec Jacky Chatelain.

Parmi les diplômés en emploi, 70% travaillaient dans le privé et 30% dans le public, note l’enquête réalisée par téléphone entre le 3 avril et le 7 mai auprès de 4.014 diplômés niveau Bac+4 et plus.

Les jeunes diplômés ayant au moins bac+4, globalement un peu moins nombreux ces dernières années qu’avant le milieu des années 1990, ont bénéficié en 2007 d’un marché du travail "porteur" pour les cadres, sur fond de montée des qualifications recherchées par les entreprises et de "papy boom".

Une situation bien différente des quelque 150.000 jeunes sortant de l’école chaque année sans qualification.

Parmi les jeunes ayant au moins bac+4, l’insertion professionnelle, hormis pour ceux entrés à l’IUFM pour devenir enseignants, est restée plus facile en 2007 pour les diplômés des grandes écoles et des écoles d’ingénieurs que pour les diplômés de l’université.

Ainsi, 88% sont en poste moins d’un an après leur sortie d’une école d’ingénieurs, 81% après une école de commerce ou de gestion, 63% après l’université, précise l’Apec.

Les diplômés de l’université perçoivent en moyenne 26.700 euros bruts par an, contre 30.400 euros pour leurs camarades sortis des écoles de commerce et de gestion et 31.000 euros pour les jeunes issus des écoles d’ingénieurs.

Les écarts "significatifs persistent entre Universités et Ecoles" mais "se réduisent sensiblement", selon l’Apec. "Les jeunes issus d’université en 2007 ont enregistré une nette hausse des rémunérations car ils sont davantage recrutés sur des postes de cadres", a noté M. Chatelain.

Bouygues Construction, qui embauche environ 2.000 ingénieurs et cadres par an en France et a des "difficultés de recrutement", s’est ouvert "à davantage de profils universitaires (par exemple 15% des ingénieurs travaux, contre 0-2% il y a 5 ans), a accru les contacts avec les universités et cartographié 300 formations universitaires cibles", selon son DRH Vincent Nicot.

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