Stages d’étudiants : les facs copient les grandes écoles

Vendredi 10 octobre 2008, par Sébastien // Espace presse

Valérie Pécresse souhaite mieux aider les étudiants dans leurs recherches et systématiser les annuaires d’anciens élèves.

Quelque 55 millions d’euros vont être mobilisés sur cinq ans pour permettre la mise en place de bureaux d’aide à l’insertion professionnelle dans les universités. À l’image de ce qui se passe aujourd’hui dans les grandes écoles, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, souhaite que les étudiants soient aidés dans leurs recherches de stages et que soient systématisés les annuaires d’anciens élèves, quasi inexistants dans les universités.

C’est la récente loi sur l’autonomie des universités qui a ajouté aux missions traditionnelles de l’enseignement supérieur celle de « l’orientation et de l’insertion professionnelle ». À terme, les étudiants inscrits en licence effectueront tous des stages durant leur scolarité. La ministre souhaite donc que les universités proposent un projet pour la mise en place d’un bureau d’aide à l’insertion, avant le 31 décembre. La qualité des dossiers présentés sera prise en compte dans la répartition des nouveaux moyens.

Mission de conseil à l’insertion professionnelle

Le dispositif devra diffuser des offres de stages, d’emplois, d’assistance à leur recherche et inaugurer une mission de conseil à l’insertion professionnelle. Selon un rapport remis à la ministre, l’enveloppe nécessaire se situe autour de 50 millions d’euros, soit un peu plus de 40 euros par étudiant. Il est « a minima nécessaire de consacrer l’équivalent de trois à quatre emplois supplémentaires pour 10 000 étudiants », indique-t-il.

On est encore loin de l’accompagnement, très actif, des écoles de commerce qui « placent » littéralement leurs étudiants. À titre d’exemple, une école de commerce postbac de Reims dispose ainsi de huit personnes pour mille étudiants … À Paris-X (Nanterre), un maître de conférences s’interroge : « Un peu plus d’argent, c’est toujours ça de pris. Améliorer les relations avec les entreprises, c’est positif. Mais je ne vois pas l’intérêt pour celles-ci de prendre en stage des étudiants de première année. D’autant plus qu’ils sont déjà nombreux à travailler à côté pour financer leurs études. »

L’insertion professionnelle des jeunes est prise en compte depuis longtemps au sein des universités : différents services existent comme les bureaux des stages, les directions centrales des enseignements, les services de documentation. Près de 80 % ont un dispositif de ce type mais le plus souvent en ordre dispersé et pas toujours efficace, affirme le ministère.

L’Officiel de la recherche et du supérieur (Ors) a pu exploiter les réponses de 64 universités à un questionnaire sur le sujet. L’enquête révèle que 7 établissements sur 10 sont dotés d’un chargé de mission dédié aux relations avec l’entreprise et que 70 % disposent d’une structure pour cette mission. Le magazine indique aussi que les trois quarts des universités ont mis en place un espace entreprise sur leurs sites Web. Mais ceux-ci sont jugés « incomplets » dans 60 % des cas. Par ailleurs, seuls quatre établissements disposent d’un annuaire global des anciens, et 60 % des universités n’ont pas d’annuaire de leurs anciens docteurs.

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