Trois questions à Pierre Tapie, directeur de l’ESSEC

Lundi 10 novembre 2008, par Sébastien // La voix des écoles

Gros plan sur le programme de l’une des plus prestigieuses écoles de management françaises, l’ESSEC, qui a mis en place depuis 2003 un programme d’ouverture sociale destiné aux élèves issus de milieux défavorisés.

Trois questions à Pierre Tapie, directeur de l’ESSEC et président de la commission Diversité à la Conférence des grandes écoles

Pourquoi avez-vous lancé ce programme « Une grande école pourquoi pas moi ? ».

Les grandes écoles ne manquent pas de candidats…
C’est vrai, la plupart des grandes écoles n’ont pas de mal à recruter leurs étudiants, mais nous souhaitions pouvoir accueillir tous les gens qui ont du talent, et pas seulement ceux qui ont accès à l’information. Il n’est pas juste socialement que des trajectoires d’études qui permettent une bonne insertion professionnelle ne soient pas connues des jeunes les plus défavorisés.

Beaucoup de jeunes n’osent pas viser une grande école et s’autocensurent : comment l’expliquer ?

Les grandes écoles ont l’image d’établissements réservés à une élite destinée à faire carrière dans de grandes entreprises internationales – en réalité la conférence des grandes écoles regroupe 180 établissements, écoles de management ou d’ingénieurs, installés un peu partout en France, et les débouchés professionnels se trouvent aussi bien dans les grandes entreprises internationales que dans les PME locales. Certaines grandes écoles recrutent même directement après le bac, sans passer par la prépa.

Pourquoi ce choix d’un dispositif d’accompagnement des élèves plutôt qu’un concours dérogatoire réservé à certains lycéens ?

Qu’ils soient issus de ZEP ou des beaux quartiers, nous souhaitions que tous nos étudiants aient un diplôme de même valeur à la fin de leurs études. Nous n’avons donc rien changé dans nos dispositifs de sélection des étudiants : dans le cadre de ce programme, nous intervenons avons la sélection, pour donner plus de chance de réussir le concours d’entrée à certains d’entre eux, moins favorisés. Nous voulons aussi démystifier les classes préparatoires aux grandes écoles : elles ne doivent pas faire peur. Oui, elles demandent beaucoup de travail, mais tout élève qui finit sa prépa est sûr d’avoir une place dans au moins une école.

Source : www.letudiant.fr

Répondre à cet article