Polémique autour des classements des écoles de commerce

De la critique infondée aux fondements de la critique

Mercredi 12 avril 2006, par Alexandre // Actualité

Chaque année, le débat sur le classement des grandes écoles françaises ressurgit, déclenchant à chaque fois une kyrielle de critiques de toutes parts.

L’exemple du classement des 25 meilleures formations au management européen publié dernièrement dans le Financial Times, FT pour les amis de l’économie de marché, est très révélateur de ce phénomène. Beaucoup d’encre a coulé depuis pour dénigrer la méthode ou à l’inverse glorifier le succès, du modèle des grandes écoles à la française.
Au-delà des résultats de tous ces classements et de tout ce qui a pu en être dit, le fait est qu’il n’existe toujours pas de critères universellement reconnus, capables d’en faire une source d’information de référence.

Le journal "Libération", Libé pour les camarades de la lutte finale, a ainsi, dans un article récent intitulé « MBA, le super diplôme qui repose sur des palmarès bidons », clairement remis en cause la véracité du classement établi par le Financial Times. Dans cet article, plus bidon que les classements eux-mêmes, le journaliste, certainement par méconnaissance du sujet, n’a pas su distinguer le diplôme délivré à la sortie des grandes écoles, à savoir un MSC (Master of Science) in Management, et un MBA, (Master of Business Administration), qui ne peut, lui, s’obtenir qu’après plusieurs années d’expérience professionnelle et à l’issue de 12 à 18 mois d’études. Les MSC in Management classés par le FT, à l’exception de ceux de l’ESSEC et de l’EM Grenoble, n’ont donc rien à voir avec un MBA et les critiques formulées par Libération ne sont que le reflet de l’ignorance des portes parole de la « bien pensance » qui n’hésitent pas à casser du système éducatif libéral à tout va, là où des journaux reconnus pour leur sérieux, comme L’Express, proposent, modestement et sans critique gratuite, un autre classement en prenant le soin de signaler à leurs lecteurs que le classement du FT rassemblait à la fois des MSC in Management et deux MBA.

Cela étant, il faut tout de même s’interroger sur les raisons qui ont poussé certains à formuler au cours des dernières semaines, un certain nombre de critiques relatives à l’établissement des classements des écoles de management. Et là, plusieurs explications apparaissent :

• Chaque classement est fondé sur ses propres critères, ce qui permet d’expliquer que les résultats diffèrent sensiblement d’une étude à l’autre. Tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation des critères, les différences d’appréciation entre les classements persisteront, entraînant débats et critiques

• Ce genre d’études a un coût relativement important et certains journaux pourraient être tentés de surprendre leurs lecteurs pour des raisons purement commerciales. Sans jeter la pierre sur le Financial Times, il est indéniable que la publication d’un classement aussi surprenant que celui là, a beaucoup fait parler du journal et a eu un impact positif en termes de retombées médiatiques et d’images quoi qu’en dise les critiques.

• Enfin, entre écoles de niveau globalement similaire, la course effrénée à l’amélioration de la qualité de l’éducation, des accords internationaux d’échanges, des doubles diplômes, etc... peut également constituer une des explications quant à la rapidité des changements survenus dans les classements publiés.

On le voit bien, même si ces critiques sont le plus souvent justifiées et fondées, une des solutions envisagées pour mettre un terme à la polémique sur les classements des écoles de commerce pourrait être de désigner un organisme indépendant chargé de classer ces prestigieux établissements entre eux. Mais l’expérience montre que la multiplication des

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