Boursiers : Pécresse plaide pour le volontarisme

Mercredi 6 janvier 2010, par Sébastien // Espace presse

La ministre a encouragé mardi les grandes écoles à vaincre leur résistance à introduire progressivement 30% de boursiers.

« La Conférence des Grandes Ecoles (CGE) désapprouve d’une manière générale la notion de quotas ». La réaction de l’association dirigée par Pierre Tapie, directeur général du groupe ESSEC, aux objectifs lancés par le gouvernement au mois de novembre dernier, a le mérite d’être claire. « L’admission dans les grandes écoles est basée sur le mérite. […] Toute autre politique amènerait inévitablement d’une part la baisse du niveau moyen, d’autre part l’identification par les employeurs, parmi les profils de sortie, que toutes les voies d’accès dans la même école ne se valent pas », précise la conférence dans un texte publié le 23 décembre dernier.

Le 12 novembre, à l’occasion d’une rencontre avec le directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings, la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse avait en effet annoncé la fixation d’un objectif de 30% de boursiers pour chaque établissement. « Il ne s’agit pas d’un quota, mais d’un objectif » a tenu à souligner lundi la ministre au Monde. Car si certaines grandes écoles, Sciences Po en tête depuis son ouverture aux ZEP en 2001, affichent d’ores et déjà des taux satisfaisants, d’autres, telles Polytechnique ou l’Ecole des mines, sont dans ce domaine de bien mauvaises élèves (11% de boursiers à l’X, 9,5% à l’école des Mines). « N’ayez pas peur de faire évoluer vos méthodes de recrutement » a ainsi encouragé la ministre mardi sur Europe 1, estimant nécessaire de réfléchir à une évolution du contenu des concours. Le ministre de l’Education national Luc Chatel a mardi matin surenchéri sur France Info, se déclarant « profondément choqué », de même que Yazid Sabeg, par la réaction de la conférence des grandes écoles.

« Les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous »

La CGE conteste en effet la pertinence d’un objectif de 30% de boursiers, lui préférant une accentuation de l’information mise à leur disposition, ainsi qu’un accompagnement accru, sous la forme de soutien individualisé. « Les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous, explique-t-elle. Certaines écoles ont déjà fait l’amère expérience de devoir remercier des étudiants dont le niveau ne correspondait pas à celui requis pour la poursuite d’études satisfaisantes ». A ce titre, l’opération « une grande école, pourquoi pas moi ? » mise en place à l’Essec et accompagnant les étudiants dans leur préparation au concours, est citée en exemple.

De son côté, Richard Descoings, précurseur en la matière, a jugé la réaction de la conférence de grandes écoles « antisociale dans toute sa franchise ». « A Sciences Po, 30% des étudiants seront boursiers en 2012. Et jamais Sciences Po n’a eu autant la cote auprès des bacheliers et des entreprises ! » Reste que le relèvement en 2008 du plafond d’obtention des bourses sur critères sociaux engendre une hausse mécanique du nombre de boursiers. De quoi gonfler leur nombre au sein des grandes écoles, qu’elles soient coopératives ou récalcitrantes.

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