Pour les entreprises, les grandes écoles ont toujours la cote

Mardi 8 février 2005, par Alexandre // Actualité

Une récente enquête de la SOFRES, ayant pour thème le recrutement des jeunes diplômés de Grandes écoles, a été réalisée auprès de 400 chefs d’entreprises. Les résultats de ce sondage sont intéressants à double titre. D’une part, il donne des renseignements précis sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. D’autre part, ces chiffres sont révélateurs d’un engouement croissant des chefs d’entreprises pour les élèves ingénieurs ou issus d’écoles de commerce.
Parmi les qualités appréciées chez les jeunes diplômés, les références au niveau de la formation théorique sont récurrentes : 92% des recruteurs l’estiment plutôt très satisfaisante. Mais ce n’est pas le seul point fort lister par les responsables du recrutement. En effet, 76 % d’entre eux sont sensibles à la capacité d’adaptation, de réactivité, et de travail des néophytes de l’entreprise ayant été formés dans des écoles d’ingénieur ou de commerce.

Néanmoins, les DRH sont très critiques quant aux connaissances pratiques. Force est de constater qu’ils estiment que de vraies carences existent sur la formation empirique des étudiants de grandes écoles. Ces manques se traduisent par une difficulté à être rapidement opérationnel au sein de l’entreprise. Seulement 39 % des recruteurs estiment les jeunes diplômés opérationnels à leur entrée dans l’entreprise. Ainsi, des répercussions de ce constat sont visibles sur les critères d’appréciations à l’embauche. Un jeune diplômé sera plus facilement recruté s’il est issu d’un cursus en alternance ou d’une école dont l’accent serait mis sur l’apprentissage.

Les solutions préconisées pour palier à ce manque de formation purement professionnelle se réfèrent pour la plus part à un partenariat accrue entre les écoles et l’entreprise. En effet, 78% des recruteurs interrogés estiment qu’une collaboration étroite permettra aux jeunes diplômés d’être plus rapidement opérationnels après l’embauche, et anticiper les pénuries de recrutement. Il apparaît, donc, que la professionnalisation des études serait une vraie valeur ajoutée en terme d’insertion professionnelle. Dès lors, le rêve à moitié caché des présidents d’université de mettre les Grandes écoles sous leur autorité serait une catastrophe. En effet, intégrer le moule unique universitaire, fondé sur un enseignement pour large partie théorique mettrait en péril l’avenir des Grandes écoles.

Si, l’avenir des Grandes écoles et de l’insertion de leurs diplômés semble aujourd’hui pérenne, un effort particulier doit être néanmoins consenti sur la professionnalisation des études afin de résister aux assauts universitaires.

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