Bientôt une charte anti-alcool dans les grandes écoles

Lundi 4 février 2008, par Laurent // Actualité

Quatre verres maximum par soirée et des sanctions en cas d’abus : les beuveries d’étudiants sont désormais proscrites.
Les grandes écoles ne veulent plus des « orgies » du samedi soir. Connues pour être très arrosées et parfois ponctuées de dérapages, les fêtes des étudiants en écoles de commerce et des élèves ingénieurs seront bientôt strictement encadrées. Leurs représentants viennent de mettre au point une « charte nationale », qui sera signée avant la fin du mois. Ce document de 13 pages prévoit une série de règles destinées à éviter les excès : consommation limitée à quatre verres par invité, interdiction de la vente d’alcool fort pur, distribution d’eau et de nourriture ou encore présence sur place de la Croix-Rouge.

Il crée aussi des sanctions : tout étudiant pris en flagrant délit de non-respect sera « traduit en conseil de discipline et passible d’une exclusion ». Campagnes de prévention et séminaires annuels dans chaque école sont également recommandés.

« L’objectif est de restaurer l’image des écoles, ternie par des soirées qu’on décrit aujourd’hui trop volontiers comme des beuveries », indique Alain Jeneveau, initiateur du groupe de travail et membre de la Conférence des grandes écoles (CGE).

« Esprit de corps et cohésion »
Au moment où la consommation d‘alcool préoccupe jusqu’au ministère de la Santé, qui s’apprête à présenter un texte de loi sur le sujet, il s’agit aussi d’éviter une consommation à risques qui peut aller jusqu’aux comas éthyliques, voire à des morts.

« Les mentalités ont commencé à évoluer », nuance cependant Renaud Bouthier, président d’Avenir Santé, une association spécialisée dans la prévention. Une étude menée en novembre 2007 par la CGE montre ainsi que 54 % des grandes écoles françaises ont instauré une réglementation dans l’organisation des soirées.

À l’école des Mines de Nancy, la consommation est limitée à trois verres et les alcools forts sont proscrits. Les contrôles d’alcoolémie sont devenus obligatoires à la sortie, avec non-restitution des clés de voiture en cas d’abus.

À Grenoble, la direction de l’École supérieure de commerce est allée plus loin : ici, l’alcool est tout simplement banni du campus. « L’expérience montre que plus on boit et plus on a envie de boire, remarque Adrien Barthel, le président du bureau des élèves. Avec cette interdiction, on imagine d’autres moyens (soirées à thème ou déguisées) pour créer l’esprit de corps et la cohésion. »

Nombre d’événements étudiants, qui se déroulent à l’extérieur des campus, dans des salles des fêtes ou des discothèques, demeurent hors de contrôle. Et les soirées « open bar », où l’alcool est servi gratuitement et sans restriction, sont encore très prisées. « Certains directeurs d’écoles ont conscience de la nécessité d’intervenir mais ne savent pas comment s’y prendre », souligne Alain Jeneveau. La charte crée les conditions d’un dialogue entre directions et élèves. À terme, un label permettra d’identifier les écoles ayant ratifié ce document.

P.-S.

source : http://www.lefigaro.fr

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2 Messages

  • j’habite tout près d’une grande école à brest et je peux vous dire qu’il n’y a pas que la santé des élèves qui pose problème . En temps que riverains nous ne dormons pas les jeudis de fiesta ainsi que lors des fetes organisées dans
    l’enceinte de l’école ou l’alcool coule à flots:d’ou des comas ethyliques voitures abimées dégradations dans les propriétés voisines.Nous pensons sincèrement qu’il faudra un mort pour que les élus et les directeurs d’établissements comprennent le problème

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    • Je sais qu’à l’ESC Bretagne Brest, les fêtes sont interdites au sein de l’école. Les étudiants qui dérapent, ou sont responsables d’éventuels débordements sont aussitôt sanctionnés. L’idée d’une charte commune des Grandes Ecoles est une bonne chose : les directions d’Ecoles se doivent d’avoir un discours clair face à l’alcool et d’affirmer leur autorité : déjà, parce que les étudiants risquent de foutre en l’air leur année et leurs chances de réussite et que la dépendance peut toucher tout le monde même les plus brillants élèves, s’ils ne font pas attention à leur consommation.

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