Universités et grandes écoles se forment à la collecte de fonds

Lundi 11 février 2008, par Sébastien // Actualité

La loi autonomie donne aux établissements d’enseignement supérieur la possibilité de créer des fondations pour récolter des dons privés. Le sujet intéresse les universités, qui se forment à ces nouvelles techniques.

Un tableau blanc, une dizaine de cas pratiques à résoudre, une formatrice souriante, et des participants qui n’hésitent pas à jouer les bons « élèves ». Les représentants des universités et des grandes écoles n’auraient raté pour rien au monde la session de formation organisée mercredi et jeudi derniers par les professionnel de la collecte de fonds, l’Association française des Fundraisers. Cette année, plus d’une centaine d’entre eux (Paris-VII, Bordeaux-IV, Centrale, Polytechnique, l’ESC Rouen...) ont assisté aux cours sur l’art et la manière de « rechercher les grands donateurs » de « les fidéliser » ou de décrypter les « motivations des mécènes ». Ils étaient deux fois moins nombreux l’an passé. La conférence des présidents d’université, partenaire, envisage même de renouveler l’opération spécialement pour ses 85 présidents, qui, dit-elle, « ont besoin d’être guidés et acculturés à ces activités nouvelles ».

Faire mûrir les projets

C’est que la donne a changé. La loi autonomie leur octroie la possibilité de créer une fondation pour y accueillir les dons des entreprises et des anciens élèves (voir ci-contre). Une perspective à laquelle près d’une vingtaine réfléchissent déjà. « Nous voulons créer une fondation universitaire car nous sentons les entreprises prêtes à nous soutenir, mais il ne faut pas traîner », explique Georges Tymen, premier vice-président de l’université de Brest. Les universités vont en effet entrer en concurrence avec les grandes écoles et notamment celles soutenues par le puissant réseau des chambres de commerce. « Attention à ne pas se précipiter, ce serait la pire des erreurs » les avertit cependant Yaële Aferiat, directrice de l’Association française des Fundraisers. « Quand les donateurs s’engagent, ils ont besoin de sentir en retour que le projet est mûri, qu’il y a une stratégie et des professionnels formés. »

Questions juridiques et éthiques

Ce qui est rarement le cas aujourd’hui en France : seules quelques grandes écoles sont devenues expertes en la matière... sans pouvoir encore rivaliser avec la « grosse artillerie » déployée par les établissements anglo-saxons, dont les montants de collecte sont bien plus élevés. D’où les trésors de pédagogie déployés par les intervenants (consultants en fundraising...) à l’instar de ce responsable de la campagne de développement à l’Insa de Lyon, qui détaille par le menu, chacune des étapes de la « campagne de développement » engagée par son école : concevoir une stratégie, convaincre le conseil d’administration, et - plus difficile - les syndicats, élaborer un budget (120.000 euros), rencontrer les entreprises... Ailleurs, on se forme aux techniques juridiques, on réfléchit aux questions d’éthique. Faut-il renvoyer un étudiant indiscipliné, même s’il est le petit-fils d’un riche mécène ? Oui, répond l’assemblée sans l’once d’une hésitation. Les « élèves » sont redevenus des professeurs.

Encourager le mécenat

Fondations. La loi autonomie crée deux types de fondations : les fondations universitaires, sans personnalité morale, et les fondations partenariales, réunissant les universités et d’autres organismes publics et privés. Plusieurs grandes écoles possèdent déjà leurs fondations (HEC, l’Insead, Sciences po...).

Entreprises. La loi assouplit et étend les régimes de réduction fiscale pour les dons effectués en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche (financement des établissements, des thèses...). Les entreprises investissant pourront bénéficier d’une réduction d’impôts de 60 % du montant du versement, dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires.

Particuliers. Pour les particuliers, la réduction d’impôt monte à 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable. Les particuliers assujettis à l’ISF pourront imputer 75 % du montant des dons dans la limite de 50.000 euros.

P.-S.

Source : http://www.lesechos.fr/

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