Universités : Pécresse veut une évaluation européenne

Propos recueillis par Aude Sérès, in lefigaro.fr

Mercredi 27 février 2008, par Sébastien // La voix des écoles

La ministre de l’Enseignement supérieur annonce la création d’un label qualité au niveau de l’Union dès la rentrée prochaine.

Les universités françaises sont à la traîne dans le classement de Shanghaï, même si les critères sont parfois contestés. Qu’en pensez-vous ?

Le problème du classement de Shanghaï, c’est son existence. On ne peut pas l’ignorer, car les étudiants du monde entier s’y réfèrent. La France doit rentrer dans cette bataille mondiale de la connaissance, même si nous préservons certaines spécificités du système français, notamment sur le faible montant des frais d’inscription. Mais nous devons également établir notre propre classement au niveau européen.

Bruxelles va donc établir un classement des universités ?

C’est effectivement l’un des chantiers de la présidence française de l’Union européenne qui débute en juillet. Dans le cadre de la mobilité des étudiants, nous voulons mettre en place un label qualité. Les critères devraient être définis dès le mois de septembre. Parmi eux pourraient figurer la qualité des formations, de la recherche, mais aussi des locaux ou encore de la qualité de vie sur les campus.

En attendant, comment remonter au niveau international ?

L’une des principales critiques vis-à-vis du système français est son caractère très morcelé. Les résultats du classement de Shanghaï plaident pour une politique de regroupement de nos forces dans le cadre des pôles de regroupement de l’enseignement supérieur (Pres). Il s’agit de fédérer, grandes écoles et universités, au sein de grands ensembles. Pour l’instant, il en existe neuf, et trois sont en train d’être finalisés. Au total, je souhaite que l’ensemble des universités françaises soient regroupées autour de 15 pôles, qui uniront leurs efforts de recherche, leurs écoles doctorales ou encore leurs dépôts de brevets. Aucune université ne sera isolée. Ce sera notamment utile pour les universités en sciences humaines, très mal classées dans les palmarès et qui pourront mutualiser leurs forces avec les universités scientifiques et les grandes écoles.

Précisément, faut-il maintenir la dualité entre les grandes écoles et les universités ?

Il est clair que notre système dual grandes écoles-universités est une faiblesse. D’autant qu’actuellement ces entités ne travaillent pas assez ensemble. Le rapprochement s’opère aujourd’hui dans le cadre des Pres.

Les universités américaines sont capables d’attirer des enseignants de renom…

Il faut d’urgence que les universités françaises aient les moyens d’attirer notamment des personnalités hors normes qui sont partis à l’étranger et souhaitent revenir à 35-40 ans. Par ailleurs, il faut faire venir des étrangers pour enseigner dans nos universités. C’est l’un des objectifs de la loi sur l’autonomie des universités, qui permet de créer des fondations en partenariat avec les entreprises.

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