Les meilleures écoles de commerce européennes

Mardi 8 avril 2008, par Sébastien // Actualité

En France, en Espagne, en Italie et ailleurs, les 10 meilleurs programmes de MBA aident les étudiants américains à acquérir le profil international que les employeurs exigent

SDA Bocconi

Établie en 1971 à Milan, SDA Bocconi offre maintenant l’un des MBA les plus prestigieux d’Europe, et certainement le meilleur d’Italie. Pourtant, l’école ne se repose pas sur ses lauriers. Ces trois dernières années, le pourcentage de femmes parmi la centaine d’étudiants qu’elle forme à plein temps est passé de 18 % à 40 %, en partie grâce à de nouvelles bourses réservées aux femmes et à des recrutements ciblés.
L’année prochaine, le programme sera raccourci de six semaines : il ne durera donc plus que 12 mois, ce qui permettra à ses diplômés d’arriver plus vite sur le marché du travail. Le cursus en italien sera supprimé.

Valter Lazzari, qui dirige le programme MBA, précise que jusqu’à présent les étudiants italiens, qui représentent la moitié des effectifs, étaient tenus de rédiger leurs devoirs dans leur langue natale, ce qui les isolait du reste de leurs camarades de classe.
Il explique que les Italiens avaient commencé à se plaindre et à dire : "Placez-nous dans le programme en anglais, ou nous chercherons une autre école !" Valter Lazzari espère que ce changement permettra d’augmenter la diversité au sein de l’établissement qui accueille déjà des étudiants venus d’une trentaine de pays différents. Il aimerait que le corps estudiantin soit composé à 65 % de non-Italiens. Environ 10 % des étudiants viennent des USA, 8 % d’Inde et 4 % de Chine, où, dans les années à venir, l’école prévoit d’intensifier ses efforts de recrutement.

Nicole Baum, une étudiante de 27 ans originaire de Chicago, avait payé un acompte pour l’école de commerce Stern de New York avant de savoir qu’elle était acceptée à SDA Bocconi. Comme de nombreux Américains qui choisissent les MBA européens, l’étudiante, dont la mère est italienne, a sélectionné SDA Bocconi pour "son programme à prix raisonnable qui offre les mêmes chances de trouver un poste intéressant". Ses cours lui auront coûté environ 56 000 dollars (35 590 euros) soit 30 % de moins que les 79 600 dollars (50 596 euros) qu’elle aurait dépensés à Stern. Avec cinq ans d’expérience en stratégie de marques à New York, elle aspire maintenant à faire carrière à Milan dans l’industrie du luxe.

Pour les candidats à l’admission (l’école accepte une demande sur trois) Valter Lazzari prévient que même si les capacités académiques sont importantes, des compétences en management sont capitales. Pour lui, "les entreprises ne font pas la différence entre ceux qui ont des connaissances et ceux qui n’en ont pas. Elles font la différence entre ceux qui savent résoudre les problèmes et ceux qui ne le savent pas".

ESADE

Fondée en 1958 par des hommes d’affaires catalans, l’ESADE est une institution jésuite qui propose des programmes de droit et de management de second et troisième cycles universitaires sur des campus situés à Barcelone, Madrid et Buenos Aires. Sur celui de Barcelone, l’école offre deux programmes de MBA à plein temps. L’un d’eux, qui dure 18 mois, est destiné aux étudiants possédant une licence ou un diplôme équivalent (degree, bachelor...) et au moins deux ans d’expérience du management. L’autre, qui dure un an, est destiné aux étudiants plus âgés venant des domaines de l’ingénierie, de l’économie ou de la gestion.

Olaya Garcia, qui dirige les programmes de MBA à temps plein, explique que l’école révise ses programmes tous les trois ou quatre ans pour faire en sorte que les étudiants et les recruteurs obtiennent ce qu’ils recherchent. L’année prochaine, l’école offrira des cours intensifs d’une semaine sur des sujets tels que le les réductions d’effectifs, la création d’offre et les fusions et acquisitions. Certains des cours seront dispensés en équipe par des professeurs de droit, de finance et d’économie, pour montrer comment ces disciplines se recouvrent.

L’ESADE offre plus de 65 options, dont des cours traitant du marketing dans les pays émergents, de l’entrepreneuriat social, et de la responsabilité des entreprises. Le programme sur 18 mois accueille seulement 120 étudiants, divisés en deux classes, et celui d’un an en accueille 30 ; un vrai plus pour ceux qui espèrent une attention individuelle de leurs professeurs et des recruteurs. Environ 20 % des étudiants sont américains. Ils viennent en partie pour la taille des groupes (par comparaison, Harvard Business School accepte environ 900 étudiants en MBA chaque année) et pour acquérir une perspective plus internationale qui peut être un atout pour leurs carrières.

Juan Vargas, 35 ans, qui a fini avec succès le programme de 18 mois le 14 mars, déclare : "Comme les pays européens sont proches les uns des autres, ils sont plus prédisposés à coopérer." Né en Colombie, il était encore enfant quand il est parti en Californie. Avant de s’enrôler dans l’ESADE, il travaillait chez Yahoo ! comme chef de projet. Il va démarrer un projet de développement de management chez Citigroup, qui le mènera à œuvrer sur des projets dans quatre villes du monde différentes dans les deux ans à venir. Un autre diplômé, Jason Hess, 29 ans, de Long Island, près de New York, va démarrer une formation similaire chez Barclays Bank.
Jason Hess travaillait dans l’informatique, pour une entreprise de traitement de transactions, mais aspirait à une carrière internationale. "Les recruteurs recherchent un profil international, et on ne peut pas l’obtenir aux États-Unis", commente-t-il.

HEC

Sur son vaste campus de Jouy-en-Josas, au sud-ouest de Paris, HEC reçoit chaque année presque 200 étudiants en MBA à plein temps. Ils viennent de plus de 50 pays, seuls 14 % sont français - ils étaient 30 % il y a cinq ans. 40 % d’entre eux viennent d’Asie et 15 % d’Amérique du Nord. Ceci fait de HEC l’une des grandes écoles les plus cosmopolites de France.

Le programme de seize mois (quatre de plus que la plupart des MBA européens) permet un large éventail de possibilités d’échange avec ses 45 écoles partenaires à travers le monde. De nombreux étudiants reçoivent des doubles diplômes (un deuxième MBA ou un Mastère supplémentaire) d’institutions allant de la London School of Economics, la Stern School of Business à New York, à l’université Tsinghua à Pékin. Les options incluent des cours sur le rachat d’une entreprise par ses salariés, la notation du risque de crédit et les opportunités commerciales dans les économies en crise.

En 2005, HEC a signé un partenariat avec Apple : les étudiants en MBA reçoivent tous des iPods qu’ils utilisent dans presque tous les cours, pour réviser, réaliser des présentations et obtenir, à la demande, des réactions des professeurs. Les langues étrangères sont un élément capital de l’apprentissage. Les cours de français sont obligatoires les quatre premiers mois d’études, et ceux dont le niveau de français est suffisant peuvent choisir de suivre les cours de commerce en français. Les étudiants qui parlent déjà couramment l’anglais doivent étudier une autre langue étrangère, à moins qu’ils ne soient déjà trilingues.

Jonah Goldstein, 23 ans, venu du New Jersey, explique que son français s’est tellement amélioré depuis qu’il a commencé les cours qu’il vient de rejoindre le programme bilingue. Après avoir travaillé dans la vente et le marketing pour plusieurs maisons d’édition new-yorkaises, il aimerait maintenant marier ses centres d’intérêt que sont la finance et la recherche dans le domaine de l’environnement pour faire carrière en France. Selon Valérie Gauthier, directrice déléguée du MBA HEC, 30 % des diplômés de l’école commencent leur carrière en France et 75 % en Europe. Jonah Goldstein admet que HEC n’est pas aussi connue aux USA que Harvard Business School ou Wharton, mais également que ces établissements ne lui auraient pas donné les moyens nécessaires pour commencer sa carrière à l’étranger. "Ce qui m’intéresse, c’est que cela m’ouvrira des portes’, dit-il de HEC.

IESE

Le programme de MBA d’IESE dure 18 mois. Il est donc plus long et plus cher que la plupart des cursus européens similaires, mais c’est en partie sa durée qui attire environ 216 étudiants sur son campus de Barcelone chaque année. Pour Luis Palencia, directeur délégué du MBA à plein temps, les programmes plus courts ne laissent guère de temps pour les activités autres qu’académiques, alors qu’IESE offre une expérience qui transforme les étudiants.

Cette expérience comprend un programme d’immersion en espagnol destiné à préparer les étudiants à conduire des transactions dans des pays hispanophones. Un tiers des étudiants commencent le programme dans une section bilingue où ils suivent la moitié de leurs cours en espagnol. Quant à ceux qui améliorent leur niveau de langue, ils peuvent suivre leurs cours de commerce en espagnol la seconde année. Les élèves qui obtiennent au moins un B à deux cours en espagnol reçoivent un MBA bilingue.

Bien entendu, l’école attire une forte proportion d’étudiants d’Amérique latine (14 % des effectifs). Par ailleurs, 20 % viennent d’Espagne, 15 % d’Asie et 12 % d’Amérique du Nord, mais ce pourcentage grimpe rapidement. L’établissement a récemment ouvert un bureau à New York pour améliorer sa visibilité auprès des recruteurs et des étudiants potentiels. Au cours de l’année dernière, les demandes d’inscription ont grimpé de 32 %, et la promotion de l’année prochaine devrait compter environ 35 Américains, soit un bond de 60 % par rapport à cette année.

Anne Lee, une Sino-Américaine qui travaillait en tant que consultante en informatique pour Booz Allen Hamilton dans les environs de Washington avant d’intégrer l’IESE, a choisi l’établissement en partie parce qu’elle ambitionne de parler couramment l’espagnol. Même si les frais de scolarité sont de 64 900 dollars, soit environ 7 000 dollars (4 449 euros) de plus qu’un MBA à Wharton, et malgré la chute du dollar qui l’a obligée à contracter un prêt privé de 55 000 dollars (environ 35 000 euros), l’étudiante considère que son expérience à IESE le valait bien. Ses 18 mois en Espagne lui ont permis de se plonger dans la culture espagnole et d’abandonner le stress qui accompagne un MBA obtenu en un an. Quant au taux d’intérêt de son prêt, grâce aux mesures prises pour soutenir l’économie des États-Unis, il est tombé de 9 % à 6,25 %.

Avec un peu de chance, Anne Lee fera partie des diplômés dont le salaire de départ annuel se situera aux alentours de 84 000 euros, ce qui devrait l’aider à rembourser son prêt. Mais en tant que présidente du club de l’entrepreneuriat responsable d’IESE, elle envisage de rejoindre le secteur caritatif. Quel que soit son choix final, elle estime que l’IESE l’a préparée pour ce qui sera peut-être une autre expérience déterminante de sa vie : avoir une carrière internationale.

IMD

Née à Lausanne en 1990 de la fusion de deux écoles de commerce suisses, IMD est célèbre pour la rigueur de ses programmes de formation de managers. Chaque année, un groupe de 90 étudiants triés sur le volet s’inscrit au MBA à plein temps. Il comprend 11 mois de cours intensifs sur le campus de l’école, située sur les bords du lac Léman, et des projets concrets de consulting pour des entreprises réparties dans le monde entier.

Depuis 2002, au mois de juin, chaque promotion part à l’étranger pour l’"expédition de découverte" annuelle, d’une durée de 10 jours. Son but est de montrer comment l’entrepreneuriat peut aider un pays à l’économie fragile à se remettre sur pied. Cette année, les étudiants rencontreront des représentants du gouvernement et des leaders du monde des affaires en Tanzanie. Les destinations précédentes ont inclus la Bosnie Herzégovine, l’Argentine, et plus récemment, l’Afrique du Sud. Après le voyage de l’année dernière, les étudiants ont récolté près de 50 000 dollars (31 700 euros) pour sponsoriser un projet de consulting pour la promotion de 2008 qui collaborera avec une organisation caritative sud-africaine s’occupant d’enfants abandonnés et atteints de maladies au stade terminal.

L’école offre aussi en option 20 séances avec un psychologue pour aider les étudiants à mieux se comprendre et à devenir des plus empathiques. Selon Janet Scheer, directrice du marketing MBA, la majorité des étudiants choisissent cette option et sont souvent surpris de ce qu’elle leur apporte. Le programme comprend aussi des cours sur le comportement organisationnel, l’éthique et la gestion des parties prenantes et l’entrepreneuriat. Pendant la "semaine de l’éthique", les étudiants sont divisés en groupes et il leur est demandé de résoudre des dilemmes éthiques en accord avec leurs valeurs religieuses ou nationales.

Quarante-quatre nationalités sont représentées dans la promotion de cette année, chaque étudiant parlant en moyenne quatre langues. Les étudiants proviennent pour 33 % de l’ouest et du sud de l’Europe, 22 % d’Asie, 15 % d’Afrique et du Moyen-Orient et 10 % d’Amérique du Nord. La majeure partie a vécu ou a travaillé au moins six mois à l’étranger avant de commencer son MBA. Parmi la promotion de l’année dernière, 70 % des diplômés ont trouvé des postes en Europe.

Bryan Hassin, un étudiant de 28 ans, a travaillé près de sept ans dans le cabinet de consulting en technologie R7 Solutions, dont trois ans en tant que directeur général avant de tomber sur IMD dans un classement de BusinessWeek. Il raconte : "Entre l’accent mis sur le développement, les étudiants si expérimentés, de nationalités très différentes, et l’utilisation de projets internationaux de consulting en conditions réelles, j’étais déterminé à venir !" Il envisage maintenant sérieusement de faire carrière en Europe, expliquant que la Suisse, avec son atmosphère internationale et ses évènements culturels, représente un changement "rafraîchissant" de rythme par rapport au Texas.
Pour lui, "tout le monde dit qu’il faut avoir une vision mondiale des affaires, mais ça ne s’apprend pas dans les livres ou dans un séminaire, en un week-end. Ça s’acquiert par l’expérience".

INSEAD

Avec ses deux campus, un à Singapour et l’autre à Fontainebleau, près de Paris, l’INSEAD attire un mélange divers d’étudiants pour son programme de MBA. En septembre et en janvier de chaque année, environ 450 étudiants de plus de 70 pays s’inscrivent à l’INSEAD, et après leurs dix mois d’études, ils sont généralement recrutés pour des postes dans plus de 60 pays.
Un tiers de la promotion commence à Singapour et 70 % des inscrits étudient sur les deux campus. Certains choisissent aussi des options à la Wharton School, en Pennsylvanie. L’école a un troisième campus dans l’univers virtuel en 3D "Second Life", créé en mars dernier pour permettre aux étudiants et aux professeurs de communiquer, quel que soit l’endroit du monde où ils se trouvent. Le campus virtuel, qui a coûté environ 10 000 euros, comprend un laboratoire de recherche, un amphithéâtre et des zones de repos. Un cours de MBA sur l’entrepreneuriat permet aux étudiants de tester leur business plan dans Second Life, avant de se lancer dans le monde réel, où les risques sont plus importants.

L’entrepreneuriat est en fait l’une des matières académiques les plus importantes de l’établissement, avec un choix entre plus de 15 options. L’école a des clubs d’entrepreneuriat et de capital-investissement et, depuis 2000, accueille deux fois par an sur ses deux campus des compétitions de projets d’entreprise lors desquelles deux équipes d’étudiants s’affrontent pour gagner 10 000 euros qui leur permettront de se lancer dans les affaires. Plus de 40 % des diplômés fondent une entreprise au cours de leur carrière.

Colin McKee, étudiant en MBA de Chicago qui a obtenu un mastère en relations internationales en 2006 grâce à un partenariat avec John Hopkins, explique qu’il a choisi INSEAD parce qu’il souhaitait venir en Europe, mais n’avait pas les moyens de suivre un cycle de deux ans. Intéressé par l’aspect financier des énergies propres, il fait partie du groupe toujours plus important de détenteurs de MBA qui ont l’intention d’utiliser l’entrepreneuriat pour favoriser la justice sociale. Pour le doyen, Frank Brown, l’école a élargi sa palette de cours dans le domaine de l’innovation sociale. Depuis quelques années, des cours basés sur le travail de terrain avec des ONG ont emmené les étudiants au Ghana, au Cameroun et en Afrique du Sud, entre autres pays africains.

Pour le doyen, la clé du succès est de comprendre que les affaires, "ce n’est pas juste réussir, c’est bien faire". INSEAD fait en sorte que ce voeu devienne réalité, puisque ses diplômés sont recrutés au plus haut niveau par Google, McKinsey et autres géants des affaires.

Instituto de Empresa

L’école de commerce Instituto de Empresa, aussi connue sous l’acronyme IE, accueille chaque année sur son campus de Madrid environ 280 étudiants en MBA à plein temps. Le programme, d’une durée de 13 mois, avec ses diplômes doubles en partenariat avec Tufts et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), ses projets en collaboration avec les étudiants de Wharton et des options qui comprennent l’espagnol des affaires, le marketing du sport ainsi que le management éco-intelligent, attire presque six candidats pour une place disponible. Neuf étudiants sur dix ne sont pas espagnols : 40 % viennent d’Amérique latine, 35 % d’Europe et 8 % des USA. Cette année, ils représentent un total de 57 pays.

L’IE attire en majorité des étudiants qui souhaitent devenir leur propre patron, avec sa gamme étendue de cours sur l’entrepreneuriat et son centre d’entrepreneuriat où sont organisés des séminaires et des stages. Environ 10 % des diplômés créent leur propre affaire dès qu’ils ont leur diplôme en poche, et environ 25 % suivent leur exemple durant leur carrière.

Selon David Bach, directeur délégué du programme MBA de l’IE, ces dernières années, les étudiants expriment de plus en plus des préférences pour des "carrières à forte composante sociale ou environnementale", comme l’entrepreneuriat social, les énergies renouvelables ou même la biotechnologie. En 2004, l’établissement a fondé le Centre pour le management éco-intelligent afin de favoriser les pratiques commerciales durables ou respectueuses de l’environnement.

Pour Mark Armen, étudiant californien de 27 ans, la place prépondérante qu’occupent le social et l’environnemental et le soutien très fort pour l’entrepreneuriat ont fait de l’école l’unique choix possible parmi tous les établissements qu’il avait envisagés. Ancien professeur et volontaire d’AmeriCorps, Mark Armen s’occupait de développement commercial dans une petite compagnie de boissons avant de s’inscrire à l’IE. Il envisage en ce moment de créer une entreprise qui concilierait son intérêt pour la technologie et son amour de l’environnement.
À l’IE, Mark appartenait à une minorité - expérience qu’il n’aurait pas vécue dans une école des États-Unis, en temps qu’américain blanc. Cela l’a forcé à voir les problèmes sous différents angles, une aptitude qui, considère-t-il, lui sera précieuse pour son développement personnel et professionnel. Il précise : "L’internationalisme instaure une atmosphère dynamique dans les salles de classe comme à l’extérieur, et c’est une qualité dont le monde a besoin. Cette expérience fera de moi un manager, un professionnel et un être humain plus complet."

Judge Business School, université de Cambridge

La fierté de la Judge Business School, de l’université de Cambridge, c’est qu’elle n’offre pas des cours de MBA standard. Située au cœur de l’une des plus anciennes universités anglaises, l’école, baptisée du nom d’un homme d’affaires britannique, Sir Paul Judge, est une addition récente à la ville. Fondé en 1995, le programme de MBA combine petite taille (à peine 150 étudiants en 2007) et don pour l’international. 47 nationalités sont représentées dans la promotion de cette année, et les étudiants parlent en moyenne trois langues.

Karen Siegfried, la directrice exécutive déclare : "Nous aimons nous considérer comme une nouvelle école de commerce au sein d’une institution qui a 800 ans. Aucune nationalité ne représentant plus de 10 à 15 % du corps estudiantin, l’établissement est donc vraiment international."

Cette approche cosmopolite est au cœur du programme d’un an. Ce MBA, suivi par des étudiants venus d’horizons aussi divers que la médecine, les services financiers et les télécommunications, combine des matières classiques pour une école de commerce, comme le marketing et la finance, à des formations en entreprises. Pendant les trimestres d’automne et de printemps, les étudiants travaillent sur deux projets distincts avec des entreprises multinationales ou basées à Cambridge pour mettre en pratique ce qu’ils ont appris.
En renforçant leurs compétences en entrepreneuriat, l’école aide ses diplômés à explorer des possibilités de carrière qui ne se limitent pas aux domaines habituels : la finance et le travail de consultant. Même si ces secteurs restent les deux destinations phares des diplômés, Cathy Butler, responsable de l’orientation, estime que les étudiants cherchent aujourd’hui des options différentes : "Même dans le secteur de la finance, nous ne produisons plus des banquiers d’affaires à la chaîne. Certains se sont dirigés vers les banques commerciales, les fonds spéculatifs et le capital-investissement."

Cette recherche de carrières alternatives est évidemment rentable : d’après les statistiques de Cambridge, les salaires des étudiants de MBA augmentent d’environ 70 % une fois leur diplôme en poche, et leur rémunération annuelle moyenne se situe aux environs de 55 000 livres (70 000 euros). Le caractère international du programme a également aidé 44 % des diplômés de 2007 à changer de pays, et 60 % des étudiants à changer de secteur.
Rien d’étonnant donc à ce que Judge Business School attire l’attention du monde entier. Les demandes américaines d’inscriptions pour cette année devraient augmenter de 70 % par rapport à l’an dernier, ce qui montre bien que cet établissement, situé au sein de l’une des institutions universitaires les plus respectées de Grande-Bretagne, a su se faire une place au soleil.

London Business School

Au cœur du centre de la finance mondiale, la London Business School offre à ses étudiants de MBA de rares opportunités d’entrer en contact avec les poids lourds du monde entier. Le campus, qui jouxte la verdure de Regent’s Park, offre aussi l’occasion parfaite de concilier une éducation commerciale exigeante et le meilleur de ce que la capitale anglaise cosmopolite a à offrir.

Mais cette école de commerce prestigieuse ne propose pas que des distractions. En 2007, environ 2 000 demandes d’inscription venues de plus de 60 pays sont parvenues à l’école qui offrait cette année-là 315 places en MBA, ce qui en fait l’une des écoles de commerce les plus compétitives d’Europe. Pour l’un de ses porte-parole, le processus d’admission ne favorise pas un type d’étudiant en particulier. La meilleure façon d’obtenir une place est d’offrir une perspective originale sur le monde du travail.

Cette diversité fait que les diplômés de la LBS sont très recherchés. D’après l’école, 70 % des étudiants trouvent un poste à plein temps dans les trois mois qui suivent la fin de leurs études, et 99 % de la promotion de cette année a trouvé un stage d’été ou un projet. Toujours d’après un porte-parole, le salaire moyen de la promotion 2007 était de 59 982 livres (environ 76 000 euros). Environ 46 % des étudiants ont trouvé un emploi dans le secteur financier.

Avec les banques d’affaires et les fonds spéculatifs londoniens sur le pas de leur porte, ce n’est nullement étonnant que les étudiants soient attirés par ce secteur. Pourtant, 31 % des diplômés de l’année dernière ont été embauchés par de grandes entreprises internationales commerciales et technologiques comme Google, Johnson & Johnson ou Shell. Plutôt que d’intégrer ces mastodontes, 5 % des diplômés ont choisi de fonder leur propre entreprise.

Malgré l’augmentation des frais de scolarité due à la faiblesse du dollar par rapport à la livre sterling, les étudiants américains ont remarqué ce mélange d’environnement cosmopolite et d’abondance d’opportunités professionnelles. Le programme flexible de 15 à 21 mois coûte 44 490 livres (56 390 euros) et comprend 53 étudiants américains dans sa promotion 2008.

Saïd Business School, université d’Oxford

Célèbre pour être la plus ancienne université du monde anglophone, Oxford a acquis une excellente réputation pour ses MBA à l’orientation internationale, extrêmement populaires chez les étudiants qui ambitionnent de faire carrière dans le secteur des finances. Fondée en 1996, la Saïd School, qui porte le nom de l’homme d’affaires saoudien Wafic Saïd, présente l’avantage d’avoir des effectifs moins importants (220 pour l’année 2007) que la plupart de ses équivalentes Américaines et attire des postulants de plus de 40 pays.

D’après Simon Tankard, son responsable de l’orientation, 94 % de la promotion de 2007 était internationale, les Nord-Américains constituant 36 % du total des étudiants. "De nombreux étudiants étrangers finissent par rester en Grande-Bretagne. Nous commençons à travailler avec eux trois mois avant leur arrivée à Oxford pour faciliter le processus de recrutement", déclare-t-il.

Cette attention aux détails porte ses fruits. Plus de 90 % des détenteurs de MBA recherchant un emploi reçoivent au moins une offre dans les trois mois qui suivent la fin de leur formation. La destination numéro un pour ces étudiants est le secteur financier, qui a absorbé 38 % de la promotion 2007, alors que 12 % sont devenus consultants. Après le MBA, le salaire annuel moyen s’élève à 65 000 livres (82 000 euros environ) et 48 % des étudiants vont vivre dans des pays différents. Pour Anna Farrus, la responsable des admissions de l’école, une grande partie de ce succès vient du large éventail d’options proposées durant l’année que dure la formation. Elles vont des plus traditionnelles, le capital-investissement par exemple, ou la gestion des risques financiers, jusqu’à des cours plus progressistes comme l’entrepreneuriat social et les stratégies pour médias sur Internet, ce qui permet aux étudiants de spécialiser leur MBA en fonction de leurs centres d’intérêt. "Cette diversité leur permet d’apprendre beaucoup les uns des autres", explique-t-elle.

Faire partie d’une institution vieille de presque 1 000 ans et qui a vu passer sur ses bancs Stephen Hawking, Sir Walter Raleigh et Bill Clinton est loin d’être un inconvénient. Grâce à cet héritage et à la réputation bien méritée de la Saïd School (elle est l’une des meilleures écoles de commerce européennes), les étudiants qui terminent leur formation dans le domaine des affaires ont une expérience complète.

P.-S.

En savoir plus : http://www.lepoint.fr/business-week...

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