Les grandes écoles françaises multiplient aussi les initiatives

Mardi 6 mai 2008, par Sébastien // Espace presse

HEC, les écoles d’ingénieurs parisiennes, l’Essec et EM Lyon encouragent l’entrepreneuriat.

La france bouge aussi. Comme aux États-Unis, l’entrepreneuriat est à la mode, surtout s’il est scientifique. La loi de l’innovation de 1999 (dite « loi Allègre ») et les mesures qui l’ont accompagnée (incubateurs, concours national, fonds d’amorçage…) ont contribué à dynamiser ce mouvement qui a encore été encouragé par le statut de jeune entreprise innovante. Les écoles ont pris le relais. Exemples.

ParisTech accueillera bientôt HEC

Se référant au modèle du Massachusetts Institute of Technology (MIT), ParisTech, qui rassemble les dix plus prestigieuses écoles d’ingénieurs parisiennes [1], est en discussion avec HEC pour élargir son cercle à une école de management. Un mouvement que soutient Claude Bébéar, président de la campagne de fonds de l’X : « Cela va se faire », assure-t-il. L’affaire pourrait être bouclée en juin ou en septembre prochains. Au MIT, les étudiants en gestion suivent ce qui se passe dans les labos scientifiques, connaissent leurs homologues dans ces filières. ParisTech attend aussi beaucoup de cette démarche pluridisciplinaire, qui n’aura pas l’unité géographique d’un campus américain.

L’incubateur fertile de l’Essec

Cet hiver, Julien Morel a reçu à l’Essec un professeur de Boston University venu lui proposer d’étudier un partenariat entre leurs deux institutions. « Quand on lui a présenté ce qu’on faisait, il a été étonné », se félicite le directeur d’Essec Ventures, la structure de l’école qui accompagne les projets d’entreprise des étudiants. Car l’an dernier, cet incubateur a vu naître quinze entreprises, pilotées par des Essec. En 2008, il devrait en sortir une vingtaine. Depuis 2001, cinquante sociétés ont ainsi été créées. « L’incubateur n’a connu qu’une faillite, mais pas encore de Microsoft ! Quelques sociétés atteignent un million d’euros de chiffre d’affaires », explique son directeur. À l’Essec, la moitié des étudiants passe par la filière entrepreneuriat, « avec l’envie de créer leur entreprise jeune ». L’école s’est aussi dotée d’un fonds d’amorçage de 500 000 euros. Il investit dans des projets de l’Essec ou extérieurs. Il a déjà pris cinq participations et en a revendu une, Connecting Advertising (un moteur d’insertion de publicité dans les jeux vidéos). Il a quadruplé sa mise en un an et demi. Julien Morel travaille aussi avec deux autres incubateurs, Paris Biotech (fondé par l’université René Descartes Paris-V, l’Inserm, Centrale Paris et l’Essec). Il essaie de créer des passerelles entre l’Essec et Centrale, « c’est difficile », reconnaît Julien Morel. Il y a l’éloignement géographique mais aussi des organisations différentes de cursus et de calendrier.

EM Lyon lance le Davos des entrepreneurs

Pour le Financial Times, l’école de management de Lyon (ex-Sup de co Lyon) propose le meilleur mastère européen (sur 40) dans la catégorie entrepreneuriat. EM Lyon a lancé son premier incubateur d’entreprises en 1984 : le Centre des Entrepreneurs d’EM Lyon, qui a accompagné plus de 1 000 porteurs de projet. Cette année, l’incubateur deuxième génération a été lancé et porte déjà douze projets, dont quatre lauréats du concours du ministère de la Recherche. Pour nourrir le flux, dès la première année d’école, les étudiants doivent construire un projet de création d’entreprise. L’école a lancé au début du mois le World Entrepreneurship Forum, qui se réunira une fois par an. La première réunion est prévue mi-novembre à Évian et espère devenir pour les entrepreneurs du monde entier ce que Davos est aux PDG.

P.-S.

Lu sur lefigaro.fr

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